
Je m’appelle Véronique Dubois et ma mère, Thérèse, a eu un cancer du sein en 1970 alors qu’elle avait 44 ans. Elle a subi une mastectomie radicale (à l’époque on ne faisait que ça) et a vécu au delà de 40 ans par la suite, une vie remplie et heureuse. Elle s’était impliquée dans ce qui s’appelait auparavant “Reach to recovery” et avait fondé son pendant francophone “Toujours femme”, le tout ayant depuis été intégré dans la Fondation canadienne du cancer. Il s’agissait d’un organisme de bénévolat regroupant des survivantes du cancer du sein qui rendaient visite, dans leur chambre d’hôpital, aux femmes ayant subi elles aussi des mastectomies. Bref, elle a consacré beaucoup de temps et d’énergie à aider des femmes ayant vécu ce cancer.
Ma mère est décédée au mois de décembre 2002 d’un tout autre cancer, fulgurant. Deux mois avant son décès, elle avait participé à la Course pour la vie avec d’autres copines ayant elles aussi été atteintes d’un cancer du sein.
L’année suivante, au mois d’octobre 2003, ma soeur aînée et moi avons participé pour la première fois à la Course pour la vie et y participons à chaque année depuis.
Dès la première année nous avons été émues aux larmes par le nombre de participants et par l’ambiance de solidarité qui y prévaut. Nous y avons vu des femmes, des hommes et des enfants unis, l’espace de quelques heures, autour d’une cause. Je me souviens d’un papa qui nous a particulièrement touchées la première année. Il avait inscrit, sur son dossard, en dessous de la mention “Who are you running for” “My Girls” et était accompagné de sa conjointe et de ses filles. Simple, mais si vrai!
Ma soeur et moi nous sommes promenées, bras dessus, bras dessous, les larmes aux yeux et avons tout au long pensé à notre mère qui avait consacré une partie de sa vie à cette cause.
Depuis, nous avons fondé une équipe, “Les Running Choux”, à laquelle se sont joints des copains, un cousin qui avait perdu sa mère au cancer du sein, son épouse, leur neveu, nièce, d’autres cousines, bref une joyeuse équipe qui, à chaque année, profite de cette occasion pour ramasser de fonds et passer une belle journée, qu’il fasse soleil, qu’il pleuve, qu’il fasse froid ou chaud!
Il y a trois ans, ma soeur aînée et ma cousine ont toutes deux été diagnostiquées, à quelques jours d’intervalle, avec un cancer du sein.
Elle ont été opérées et ont subi des traitements. Mais quelle différence avec ce qui se faisait, il y 40 ans, à l’époque où ma mère a vécu la même chose: ma soeur et ma cousine ont eu des mastectomies partielles!!!!
La maladie n’a certes pas encore été éradiquée, mais, grâce à la recherche, les traitements se sont incroyablement améliorés. C’est bien la preuve que des événements comme la Course à la vie et les fonds qui sont recueillies à ces occasions portent fruits!
Ma soeur et moi, accompagnées de ma cousine, d’autre membres de notre famille et d’amis, continuerons donc, année après année, à participer à cet événement magnifique et émouvant!